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Une scène d'exception de l'art roman : la pesée des âmes

Publié le par Esla

La pesée des âmes est une scène classique fréquente sur les églises romanes de Saintonge, particulièrement en Charente-Maritime, même sur de modestes édifices. Elle est cependant présente sur la plupart des grands édifices de l'Europe érigés entre les 10e et 12e siècles.

Église de Maillezais (Vendée), chapiteau de la façade.

Très érodé, le chapiteau présente saint Michel à gauche, un démon arrogant à droite. On peut apercevoir le pénitent tout à fait à droite au pied du démon. 

La "pesée des âmes" est un rituel indispensable pour le défunt chrétien arrivant à la porte de l'au-delà. Elle consiste à juger du poids des fautes et des bontés exercées par le pêcheur tout au long de sa vie terrestre (repentir compris). L'archange saint Michel pèse l'âme du défunt secondé d'un ange qui accompagne la pauvre âme encore dans son enveloppe humaine.  Ils sont dérangés par des démons qui, bien dans leur rôle, tentent avec leurs mains griffues de faire pencher la balance en leur faveur. Ils présentent des mines réjouies dans l'anticipation de la récupération d'une âme déchue ; des tricheurs naïfs et un peu idiots face à la droiture et l'honnêteté du serviteur divin. Une espérance toujours déçue, puisqu'il est entendu que le paradis et le pardon sont à tous accordés. Dieu est miséricordieux ... c'est entendu !

Église de Corme-Royal (Charente-Maritime), chapiteau de la façade.

Saint Michel à droite porte la balance et démon à gauche essaie de peser sur le panier  pour se l'accaparer.

Ce jugement des morts est un thème hérité de l'ancienne Égypte ou Anubis "affrontait" le monstre Ammit pour les mêmes raisons ; n'oublions pas que la Bible fut écrite sur les territoires d'Afrique et d'Orient et s'est inspirée de leurs mythes. Un philosophe rappellerait que "rien ne se crée de rien", rient ne disparait vraiment, tout se transforme.

Pesée des âmes, papyrus égyptien (extrait du Livre des Morts)

Cette pesée des âmes, rituel présent dans l'ancien testament, a peu à peu "disparu" des nouveaux textes dès le milieu du 13e siècle ; probablement considéré trop "païen, trop "imagé", trop "étranger" dans une période où l'Église s'évertue à rendre son discours plus directif, plus exclusif. Mais elle est restée sur les églises construites avant cette ... censure intellectuelle ... d'un nouvel ordre religieux qui trouvait les influences extérieures néfastes à la pureté du dogme. Ce qui a fait dire à une de mes visiteuses lors d'une sortie découverte quand j'expliquais la pesée des âmes d'Aulnay-de-Saintonge "c'est pas possible, ça n'existe pas !" malgré l'évidente présence du bas relief du chevet ... personne n'est parfait !

Généralement saint Michel est placé grand sur l'arête du chapiteau ; il tient le fléau de la balance constituée de deux paniers. L'ange "aidant" derrière lui et le défunt dans son dos. les démons diversement illustrés sont "un peu partout" !

Église de Colombiers (Charente-Maritime), chapiteau intérieur du carré du transept.

A droite de la photo, au centre du chapiteau saint Michel tenant le fléau de la balance, sur l'arête, face à nous, le démon qui tente de faire peser la balance en sa faveur avec un bâton. Le pénitent est sur le chapiteau de gauche, en attente. 

Le message transmis par la Chrétienté est fondamentalement optimiste et rappelle grâce à ce tricheur sans talent - mais à l'air féroce - que tout homme peut s'amender et réparer sa faute dans la rigueur et l'humilité, dans le respect des préceptes de l'Église.

Mais restons gaulois, que diable !!!

 

Église de Saintes - Saint Eutrope, église haute (Charente-Maritime), chapiteau intérieur de la nef.

un dialogue semble s'établir entre saint Michel détenteur du fléau de la balance et un démon appuyant sur le panier à son côté avec un air de dire "allez, laisse moi celui-là, j'te jure je m'en contenterai"

Vis-à-vis du texte dont elle s'influence, la pesée des âmes à l'Européenne a dû subir quelques adaptations nécessaires pour être comprise par nos ancêtres de ces 11e et 12e siècles, êtres simples, souvent novices face aux préceptes de la religion chrétienne (Au 9e siècle moins de 7% de la population est déclarée chrétienne - fin du 12e siècle on parle de 95% de la population convertie au culte monothéiste, et ayant officiellement abandonnée les croyances polythéistes héritées des ancêtres, des invasions et des échanges commerciaux - Goths, viking, saxon, romain, chinois même ...), et pour plus de 95% de la population, analphabètes. 

Église d'Ars-sur-Gironde (Charente-Maritime), chapiteau du carré du transept. Repeint au 19e siècle, d'une coloration assez proche de ce que cela devait être au 12e siècle (les églises étaient alors entièrement polychromes extérieurs comme intérieurs). les décors de la colonne en dessous et sur le mur sont par contre d'inspiration 15e-16e siècle "repensés" au 19e siècle.

Saint Michel en bleu semble converser avec le démon. Derrière l'archange, le pénitent accompagné d'un ange qui le rassure en lui tenant (caressant) la tête.

En Égypte, lorsque le coeur (siège de l'âme - de la conscience, des pensées, et de la mémoire - égyptienne) est pesé, il doit être aussi léger qu'une plume et la balance doit être à l'équilibre. Pour nous autres gaulois, peut-être plus terre-a-terre, une balance sans mouvement, sans pesée puisqu'elle est à l'équilibre, est suspecte ; et pour rendre la scène, clé de l'accès en paradis, crédible,  l'imagier modifie le rôle de la balance. L'âme doit être visiblement lourde des efforts pour la rédemption et le rachat des péchés du vivant de leur auteur. La balance doit donc pencher en faveur du juge saint Michel.

Église de Saujon (Charente-Maritime), chapiteau de l'ancienne église romane déposé dans une chapelle de la nouvelle église.

Saint Michel est à gauche tenant le fléau, le démon face à lui et entre les deux un ange semble temporiser les ardeurs du démon en lui appuyant la main sur son front. Quasiment Invisible sur la photo (on aperçoit sa main posée sur son ventre) le pénitent attend la sentence., 

Ensuite, il faut beaucoup de représentants divins en Égypte pour assurer le tribunal afin d'œuvrer au rituel de la pesée. Difficile de représenter le même rite pour une religion monothéiste. En conséquence, il ne restera plus que deux, parfois trois personnages pour assurer le passage : saint Michel serviteur de Dieu, seul juge et détenteur de la balance, parfois son servant, le défunt et un ou deux démons.

Église d'Aujac (Charente-Maritime), chapiteau de la porte nord.

Interprétation rare, le pénitent sert de soutien à la balance de saint Michel à sa gauche pendant que que son âme est pesée. C'est l'unique fois où j'ai croisé une pesée des âmes où le pénitent joue un rôle actif dans le rituel, tandis que le démon est relégué au coin du chapiteau. Il est cependant toujours très intéressé à fausser la pesée.

enfin dans la tradition égyptienne le rituel s'exécute dans un tribunal, un lieu dédié. Pour la Chrétienté, il s'agit de la porte "merveilleuse", à la droite du seigneur ; elle ne peut donc pas être représentée. Le lieu sera "invisible" ou parfois placé discrètement dans la "verdure", entourée d'un entrelacs de feuillages foisonnant.

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), chapiteau du chevet.

Saint Michel est sur l'arête du chapiteau face à deux démons très agressifs. Derrière lui  l'ange tient la main du pénitent en attente de son jugement.

D'autre part, si en Égypte, le rituel rappelle que le défunt en faute sera avalé par "la Grande Dévoreuse", il en va tout autrement pour le Chrétien qui a - bien sûr - effectué de son vivant d'abord, puis après sa mort terrestre, oeuvre de pénitence et rachat de ses fautes. Pour lui, la pesée des âmes est un passage de confirmation et non de condamnation . Il ne peut y avoir de rejet puisqu'il n'existe pas encore d'enfer (il apparaitra au 13e siècle). Tout au plus, aura t-il besoin d'une "piqure de rappel" et un retour à la pénitence (racontée dans un prochain article), mais cette hypothèse n'est pas racontée sur les églises romanes saintongeaises. A voir plutôt à Conques par exemple (Aveyron), ceux qui sont punis sont ceux qui n'ont pas effectué leur pénitence et se présentent en Paradis sous une forme inacceptable.

 Église de Conques (Aveyron), bas relief de la façade au-dessus du portail.

 

Dans l'Égypte ancienne :

la SPYCHOSTATIE ou PESÉE DE L'ÂME (Livre des Morts)

Le Livre des Morts est un papyrus couvert de formules (plus de 200) que le défunt devait réciter sans erreur afin d'équilibrer la balance. Pour le prix de deux vaches ou de six mois de salaire d'un ouvrier, on pouvait acheter de son vivant un Livre des Morts déjà établi. Il suffisait d'y insérer son nom de défunt le moment venu. C'est le Dieu Thot qui a rédigé lui-même les formules, pour aider les défunts à triompher des périls rencontrés dans le royaume des morts.

Extrait du Livre des Morts, formules devant être récitées au moment de la pesée du coeur du défunt.

"salut à toi Dieu grand, possesseur des deux Maât"

"je viens vers toi et t'apporte la Vérité et la justice après que, pour toi, j'ai chassé mes mauvaises actions"

"je n'ai pas maltraité les gens, je n'ai pas blasphémé Dieux, je n'ai pas appauvri l'homme pauvre"

je n'ai pas affamé, je n'ai pas faussé le peson de la balance, je n'ai pas oté le lait de la bouche des petits enfants, je n'ai pas fait pleurer, je n'ai pas tué, je n'ai pas diminué la part des aliments offerts dans les temples"

"je n'ai pas retenu l'eau au moment de l'inondation" (la crue du Nil chaque année assurait la prospérité des terres et de bonnes récoltes)

"je suis pur ! je suis pur ! je suis pur ! je suis pur !

papyrus égyptien (extrait du Livre des Morts)

Le coeur du défunt est déposé sur le plateau d'une balance, tandis que de l'autre se trouve une plume d'autruche symbolisant Maât déesse de la vérité et de la justice. le Dieu Anubis agenouillé sur un coffre vérifie l'aiguille de la balance qui est ornée de la plume de Maât. Le sommet du fléau est à l'effigie de la déesse Maât. A droite de la balance se trouve le Dieu thot le scribe des dieux, qui inscrit les actions de la vie passée du défunt et va prononcer le verdict. Si le coeur pèse autant que la plume, c'est que le mort a vécu selon les règles de la morale et peut accéder à la vie éternelle. Si le coeur pèse plus lourd que la plume, il a vécu dans le mal et sera avalé par la "Grande Dévoreuse. Elle est un monstre, de sexe féminin, qui se trouve à proximité de la balance prête à dévorer le coeur condamnant le défunt à une mort "définitive". A la gauche, le défunt est accompagné, tenu par la main par Anubis.

texte et photos : Esla

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Sur le zodiaque roman : le scorpion

Publié le par Esla

Le mois d'octobre est celui du Scorpion (escorpius en latin), dernier signe de notre périple sur les zodiaques des églises romanes de la Saintonge (qui au 12e siècle couvrait ce que l'on peut presque considérer comme la Nouvelle Aquitaine).

Église de Cognac-Saint-Léger (Charente), voussure du portail.

Ce mois fleure bon le raisin, les vendanges et le vin, essentiel au Moyen Âge ; d'autant que l'eau n'est pas vraiment potable. Le territoire est couvert de vignes et c'est une des premières activités agricoles en Saintonge et de bon rendement pour les abbayes qui en possèdent la plus grande part. A partir du 14e siècle, une meilleure répartition entre religieux et seigneurs et l'arrêt d'un certain nombre de contraintes financières envers ces derniers permettra un meilleur équilibre dans cette exploitation. Beaucoup s'y enrichiront.

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), voussure du portail.

Le vin d'alors était une piquette de 3 ou 4 degrés, généralement chargé d'herbes et d'épices pour en améliorer le goût et en cacher l'aigreur , soit pressé aux pieds (le vin du peuple), soit pressé à la presse en bois (le vin noble) d'un degrés nettement supérieur.

Le premier servait de base à l'hypocras*  et pouvait servir de "salaire" à l'ouvrier journalier sur les chantiers sous forme de "bariquots" de 3 à 5 litres ; l'autre était servi à la table des seigneurs et des riches bourgeois : le vin des nantis, d'une qualité bien supérieure.

Les abbayes produisaient les vins de messe (mais pas seulement !)qui étaient ensuite vendus sur les marchés européens.

Église de Fenioux (Charente-Maritime), voussure du portail.

Il ne reste aucune représentation du scorpion, trop érodées, à part celui de Civray fortement restauré ...

Église de Civray (Vienne), voussure du portail.

...Il n'existe pas non plus de scorpion "isolé" sur les décors des églises (sans être inclus dans un zodiaque).

Pourquoi ? parce que des signes célestes illustrant des chapiteaux, des modillons ou des métopes et non inclus dans un zodiaque étaient une indication sur la période de démarrage du chantier, souvent un signe printanier ou solaire. Aucun chantier ne démarrait dans la période automnale ; la proximité des mois humides et froids empêchait d'élever des murs solides avant la "mauvaise" saison. Pas de chantier ? pas de scorpion !

Église de Civray (Vienne), voussure du portail.

ce signe conclut sur ce site la découverte du zodiaque roman des églises de Saintonge.

Église d'Argenton-les-Vallées (Deux-Sèvres), voussure du portail. ce qu'il en reste !!

Le personnage accroupi à gauche est la Balance.

On croise souvent des tonneaux sur les modillons des églises représentant le travail des manoeuvres et des "bénévoles" ; parfois avec un personnage accroché à ses flancs. Il est alors question de rappeler le péché de gloutonnerie et d'alerter sur l'abus d'alcool fut-il de basse qualité, qui était responsable - parce que la principale boisson désaltérante des chantiers - de très nombreux accidents, souvent handicapants, parfois mortels. Les échafaudages n'étaient pas aussi sécurisés qu'aujourd'hui et étaient constitués de simples planches posées sur des épieux fichés dans les trous de boulins que l'on voit encore sur les murs - le nichoir préféré des pigeons!

Église d'Annepont (Charente-Maritime), modillon du chevet.

Église de Foussais (Vendée), modillon de la façade.

 

* hypocras : la recette dans un prochain épisode !

texte et photos : esla

 

 

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Le tireur d'épine

Publié le par Esla

Souvent présent sur les modillons des églises romanes, voici un personnage très énigmatique qui revient de très loin (Rome antique) et que la Chrétienté a intégré dans ses messages hautement symboliques.

Cette représentation est une des plus anciennes connue : 1er siècle avant J.C .

Elle aurait été dans la Rome antique la représentation du légendaire Nevis Martius, jeune berger qui aurait sauvé Rome en courant pieds nus et portant au Sénat un message important. Il aurait attendu d'avoir accompli sa mission pour s'assoir enfin et retirer de son pied l'épine qui le blessait.

Église de Bignay (Charente-Maritime), modillon de la façade.

La Chrétienté, très attachée aux messages visuels accrochés aux églises dans un but formateur des populations avoisinantes, réutilise cette gestuelle et lui fait porter un message concret ...

Église de Bécéleuf (Deux-Sèvres), modillon du chevet.

... Il s'agit prosaïquement d'arracher l'écharde de la chair, plus philosophique, d'arracher le vice du corps et de l'âme.

Église de Benet (Deux-Sèvres), modillon de la façade.

Il est le symbole de la pénitence ...

Église de Foussais (Vendée), modillon de la façade.

... et avoir la volonté d'abandonner son orgueil. S'occuper de ses pieds après l'effort, supporter la douleur, prendre une pose peu altière ...

Église de Genouillé (Charente-Maritime), modillon de la façade.

Cette symbolique est associée à la période de Carême (être en contrôle de son corps et de ses besoins) et du mois de Mars (probablement à cause du nom de l'éphèbe à l'origine de la légende "Martius").

Église de La Jarne (Charente-Maritime), modillon de la façade.

C'est aussi plus terre-à-terre, l'image du pèlerin qui pendant son cheminement apprend à prendre soin de son "outil" (pieds, corps ... mais aussi pensée) physique et spirituel. 

Église de Lichères (Charente), modillon de la nef.

Les tireurs d'épine symbolisent les écueils que la vie ne manque pas de mettre sur le chemin et qu'il faut accepter sans subir ... apprendre à s'adapter. Avancer malgré tout. S'améliorer dans l'épreuve.

Église de Marcillac (Charente), modillon du chevet

Tout un programme !

Église de Melle-Saint-Pierre (Deux-Sèvres) chapiteau intérieur. Une des plus belles représentations en Saintonge.

textes et photos : Esla.

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D'autres engoulants !

Publié le par Esla

Chaque église possède au moins un "engoulant" (ou mange colonne ou masque ...). peu importe le nom dont on l'affuble, il est l'âme et l'identité des églises de la Saintonge.

Église de Bords (Charente-Maritime), chapiteau de fenêtre.

Église de Bernay-saint-Martin (Charente-Maritime), chapiteau de fenêtre.

Église de Saint-Romans-de-Melle (Deux-Sèvres), chapiteau du portail.

Église de Contré (Charente-Maritime), chapiteau de fenêtre du 1er étage.

Église de Chadenac (Charente-Maritime), chapiteau du portail.

Église de Saint-Martial-de-Loulay (Charente-Maritime), chapiteau résiduel fiché sur l'angle à l'arrière de l'édifice.

Église de Nantillé (Charente-Maritime), chapiteau de fenêtre.

Église de Chermignac (Charente-Maritime), chapiteau de fenêtre.

Église de Civray (Vienne), chapiteau de fenêtre du 1er étage.

Église de Périgné (Deux-Sèvres), chapiteau de fenêtre.

la suite de la visite dans un prochain article !

textes et photos : Esla

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L'engoulant

Publié le par Esla

Parfois aussi appelé "mange colonne" ou "rageur", l'engoulant est une figuration classique des églises romanes saintongeaises.

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), façade occidentale.

Il représente l'homme et ses différentes facettes face à la Chrétienté. Tour à tour agressif, colérique et même parfois aimable ou dubitatif, il est sur les édifices leur protecteur/dévoreur.

Église de Bords (Charente-Maritime), colonne d'une fenêtre du chevet.

implanté pour conjurer les mauvais sorts, pour apporter protection à l'édifice, il est aussi un rappel à tout Chrétien en devenir qu'il se doit de respecter ce lieu, de ne pas le détruire par de mauvaises paroles, de ne pas entamer son rôle de rassembleur.

Église de Dampierre-sur-Boutonne (Charente-Maritime), colonne de la fenêtre du chevet.

Peut-être inspiré par un dessin sur étoffe d'un marchand chinois qui serait venu participer à une foire dans une ville de la Saintonge selon Chasseloup-Laubat de l'académie de Saintonge (1960), "la grande goule" comme le surnomme les Charentais-Maritimes en patois est omniprésent en Charente-Maritime. Pas une église qui n'en n'affiche au moins un ! L'église de Bords, la plus généreuse, en affiche 8, Aulnay-de-Saintonge 7 !

source : réflexions sur la Saintonge romane de F. de Chasseloup-Laubat (1960)

Église d'Échilais (Charente-Maritime), façade occidentale.

Il est généralement figuré par une tête dragonne, mais revêt souvent les traits de visages humains très expressifs qui sont comme un miroir à celui qui les regarde.

 Église de Fenioux (Charente-Maritime), porte nord. Mon préféré !!!

Aucun n'est identique. Cette particularité fait même l'identité de l'église. Et derrière chacun de ces masques on devine immédiatement quel est l'édifice concerné !

Église de Saint-Romans-les-Melles (Deux-Sèvres), façade occidentale.

Partir à la chasse aux engoulants est un jeu passionnant et peut devenir addictif. Ils peuvent être à l'extérieur comme à l'intérieur du bâtiment, être très visibles ou parfois presque invisibles, soit à cause des restaurations successives, soit par souci du bâtisseur de ne pas effrayer trop vite les entrants.

 Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), gauche du mur sud.

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), façade occidentale.

Allez, un petit dernier jusqu'au prochain épisode !

Église de Fenioux (Deux-Sèvres), façade occidentale (non, je ne me suis pas trompée, il y a bien un Fenioux dans les Deux-Sèvres) !!!!

textes et photos : Esla

 

 

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Le lapin

Publié le par Esla

 

 

S'il est un animal que le Moyen Âge a négligé en tant que symbole mais pourtant le représentant souvent, c'est bien le lapin (ou le lièvre).

Église de Bourg-Charente (Charente), modillon du chevet.

Très présent sur les modillons des églises de la Saintonge, il est généralement l'animal préféré de la chasse, quelle soit celle du chien comme celle de l'homme.

Église de Chalais (Charente),voussure du portail.

Si le cerf ou le sanglier sont des gibiers réservés aux nobles - un paysan qui chasserait ce type d'animal serait condamné à mort - le lapin est autorisé à la chasse pour tout un chacun ... à condition d'en demander l'autorisation au seigneur ...

Église de Contré (Charente-Maritime), archivolte du portail sud. Le chien (en haut) courre après les lapins (dessous).

Les romains considéraient le lapin comme symbole de fertilité, mais aussi de perfidie ...

Église de Corme-Ecluse (Charente-Maritime), clé d'un décor d'une fenêtre.

... l'Église du Moyen Âge réprimant ces penchants grivois, le lapin perdit tout intérêt et sa symbolique se cantonna autour du péché de paresse dont il est le totem sur la très belle fenêtre du Chevet de l'église de Matha-Marestay représentant les 7 péchés capitaux exprimés par des masques.

Église de Matha-Marestay (Charente-Maritime), voussure de la fenêtre du chevet.

Il est fréquemment dessiné dans les marges des manuscrits enluminés, il est anthropomorphique et singe nos comportements les plus violents ou déviants.

 Miniature, dessin de marge, 12e siècle. Un juste retour des choses!

Miniature, décor de marge de manuscrit 12e siècle.

Il est aussi un animal rapide, fuyant, peureux et l'homme du Moyen Âge aime à le représenter en animal secondaire du quotidien.

Église de Fontenet (Charente-Maritime), rare élément restant de la voussure du portail, un lapin pris au collet.

Il est aussi, au même titre que les volailles ou les abeilles, un animal domestique élevé tant pour sa chair que sa fourrure.

 Église de La Jarne (Charente-Maritime), archivolte du portail.

dans un roman très populaire du 12e siècle : "le roman de renard", critique sociale où les protagonistes sont des animaux endossant des rôles d'humains , son identité porte le nom de "Couard".  il est considéré comme furtif, casanier et peu enclin à sympathiser avec les autres, Il préfère la pénombre de son terrier. Renart le héros ne lui fait pas confiance. Couard est colporteur de ragots et rumeurs.

Église de Macqueville (Charente-Maritime), Modillon de la nef nord.

Le fabuliste Esope très populaire au 12e siècle (dont La Fontaine s'inspirera au 17e siècle) fait du lapin un animal peu batailleur et servant fréquemment de souffre douleur à l'aigle ou à la belette.

Miniature du 13e siècle, livre de fables.

Enfin, parfois dans des fables et anecdotes colportées par les troubadours à la cour seigneuriale, on lui attribue d'étranges pouvoirs, la nuit tombée, où il danserait autour d'autels de pierre sous la lune pour appeler les démons ...

Église de Matha-Saint-Hérie (Charente-Maritime), modillon du mur sud. Un lapin à la lune.

Textes et photos : Elsa

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La chasse au cerf

Publié le par Esla

On trouve de nombreuses représentations de chasse au cerf sur les églises romanes de la Saintonge. Laissez-moi vous en conter l'histoire ...

Église de Biron (Charente-Maritime), bandeau en façade.

Le cerf est un héritage des croyances antiques. Les Romains le considéraient comme médiocre, peureux à la chair molle et sans saveur. Ils laissaient ce gibier aux miteux ... Les Celtes et les Germains au contraire y voyaient un être solaire, lumineux, médiateur entre le ciel et la terre. Ses cornes particulièrement semblaient fascinantes. On disait même que le cerf était un musicien car il tenait entre sa ramure une lyre. Les Chrétiens y verront La Croix du Christ.

Église de Civray (Vienne), chapiteau du portail.

La chrétienté des 11e et 12e siècles va s’emparer de l’image du cerf et l’habiller de toutes les vertus ou presque. Dans le physiologus (bestiaire livresque en usage depuis l’Antiquité qui rassemblait tous les animaux connus – les vrais comme les « faux ») - les tailleurs d’images s’en inspiraient – dans le physiologus donc, voici ce qui est dit : Le cerf vit 1000 ans. Plus longtemps encore pour certains qui affirmaient au 11e siècle que l’animal avait connu Jules César (1er siècle) et Alexandre le grand (trois siècles avant J.-C.), que ces derniers l’avaient paré d’un collier d’or ; ce collier se serait, au moyen âge, incrusté sous la peau de l’animal tant celui-ci avait prospéré, grandit et grossit. La renaissance de ses bois que le cerf perd chaque année et qui repoussent toujours plus grands, plus touffus l’associe à la résurrection, au phénix.

Église de Rétaud (Charente-Maritime), modillons du chevet.

Il est selon Pline l’ancien le seul animal pouvant terrasser le serpent – le mal absolu – en lui soufflant dessus. De là à y ressentir le «souffle de Dieu »… Afin de le tuer, le cerf pousse le serpent dans un trou dans le sol, le remplit d’eau puis l’aspire et le mange. Le cerf doit alors se mettre rapidement à la recherche d’un point d’eau afin d’y boire car le venin du serpent est si puissant qu’il peut le tuer en quelques heures s’il ne se « purifie » pas. Certes, avaler le « grand mal » demandait quelques précautions ! on ne connaissait pas encore les cachets effervescents d’après cuite…

Église de Rioux (Charente-Maritime), modillons du chevet.

Le cerf possède aussi des vertus thérapeutiques ; l’animal n’a jamais la fièvre, et consommer sa chair un peu chaque jour en préserverait pour la vie, la prolongerait même. Il est le pire l’ennemi du serpent et se frotter le corps avec sa graisse empêcherait d’être attaqué par le reptile et de mourir sous sa morsure.

Église de Verrines (Deux-Sèvres), décor d'encoignure sur le chevet côté sud.

Église de Verrines (Deux-Sèvres), décor d'encoignure sur le chevet côté nord.

Son cuir est une aubaine. Les moines relieurs considéraient que la peau du cerf était la seule à être autorisée à couvrir les livres Saints. Elle transmettait ainsi aux textes toute la puissance et le rayonnement de son être.

Église Saint-Cybard d'Angoulème (Charente), bandeau de façade.

La Chrétienté en fait un être christique à l’égal de l’agneau ou la licorne. Il devient pour les chasseurs l’animal royal par excellence et sera réservé aux seigneurs et aux princes. Etre vilain (paysan) et chasser le cerf est passible de peine de mort. Lorsqu’un seigneur tue un cerf, il ne manque pas d’en offrir la peau aux religieux … une petite cuisse aussi, j’espère … mais l’histoire ne le dit pas. ! d'autre part, il est connu que les moines ne consomment pas ou peu de viandes.

Église d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente), chapiteau en façade.

Église d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente), chapiteau en façade (ces deux chapiteaux se répondent de gauche et droite du portail)

Et que les végétariens – dont je suis – ne s’énervent pas trop vite. Chasser à l’époque était une nécessité. D’ailleurs les religieux qui étaient contre toute forme de chasse considérant qu’elle servait avant tout à exacerber les penchants bestiaux de l’homme qui perdaient tout contrôle dans la course-poursuite et l’hallali (et ça, ça n’a pas changé), voyaient dans la chasse au cerf un moindre mal.

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), décor du portail sud.

La Chrétienté va œuvrer pour rendre la chasse au cerf « royale » afin d’imposer sa vision du monde : chasser pour vivre et non pour jouir … ne trouver dans la chasse que l’intérêt basique de survivance « chasser pour vivre et non vivre pour chasser ».

Église de Saint-Mandé-sur-Brédoire (Charente-Maritime), voussure du portail sud. Pourquoi est-ce le chien qui est le plus gros ? parce qu'à cette époque on ne connait pas encore la "perspective". Le représentation est symbolique : ce qui est le plus imposant est le plus fort. Le plus faible sera donc le plus petit ! à vous de juger qui gagnera à cette chasse ... 

La chasse au sanglier ou à l’ours (considérés comme symboles de puissance et de force par les chasseurs d’alors, signes de virilité et de courage) était bien plus meurtrière et sauvage. Les légendes et l’histoire de France rapportent maints témoignages où l’on mourait de blessures d’ours ou de sanglier, jamais de cerf. Le cerf fuyait plutôt que de charger et blessait moins et hors période de rut qui en faisait alors un terrible combattant, C’était un animal peureux, vivant dans les parties sombres des forêts, préférant se sacrifier plutôt que de lutter contre les chiens et aux dires des chasseurs, il n’offrait pas une transe inoubliable dans la chasse …

Église de Marignac (Charente-Maritime), Bandeau polychrome du choeur (intérieur), chasse au lion.

Quant au sagittaire, être hybride au buste d’homme et croupe de cheval (parfois d’âne), c’est une tout autre vision : Orgueilleux, belliqueux, colérique, alcoolique, il cumule à la période romane tous les défauts mais c’est aussi un chasseur émérite doté d’une énergie et d’une ténacité sans égal.

Église Saint-Hilaire de Melle (Deux-Sèvres), chapiteau du choeur, chasse au sanglier.

Hérité de la Rome Antique qui y voyait un être solaire, unissant par son arc le terrestre et le céleste, l’humain et le divin, le sagittaire symbolise pour le Chrétien la belle énergie humaine tout autant que son animalité. C’est un être qui doit sans cesse se dominer, s’amender, se mettre au service de l’autre. Une belle âme en quelque sorte qui doit apprendre, accepter l’enseignement et qu’il faut sans cesse contrôler, dompter, apprivoiser. C’est aussi ce qu’est ce païen se présentant pour la première fois devant l’église et que la Chrétienté reçoit afin d’en faire « un bon Chrétien ».

Église de Vaux-sur-Mer (Charente-Maritime), chapiteau du choeur, chasse à l'ours.

Et alors … la rencontre de ces deux protagonistes, la raison de leur chasse perpétuelle ?

Et bien, tout naturellement ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. Le sagittaire sans cesse tenté par ses instincts poursuit l’animal qui porte les « couleurs » de la chrétienté. Celui qui doit apprendre poursuit celui qui sait … Nous sommes face à celui qui désire apprendre et vient demander au grand professeur de lui accorder son enseignement ; le païen à la recherche de Dieu.

Église Saint-Gilles-du-Gard (dept 30), décor de façade.

Et alors … pourquoi le sagittaire tire-il une flèche qui touche le cerf? Parce qu’il faut symboliser l’acte et pour que le sagittaire reçoive l’enseignement, il faut qu’il s’en nourrice, donc il doit se nourrir du gibier, nous sommes Gaulois que diable, il nous faut du concret. D’ailleurs regardez bien aucun des cerfs n’est mort. Ils continuent de courir, de lutter. Ils ne sont pas à terre, juste « lier » le temps que la connaissance se transfère de l’un à l’autre de la même manière que le sagittaire romain (et non roman) tirait l’arc vers le haut pour lier la terre et le ciel, avait-il pour autant tuer les étoiles ?

Église de Corme-Écluse (Charente-Maritime), chapiteau du 1er étage de la façade.

Parfois, entourés d’un cercle ou d’un huit, la scène sublime le lien qui soude éternellement ces deux êtres, unissant ainsi le temps d’une poursuite l’humain au divin, le matériel au spirituel.

Église de Fenioux (Charente-Maritime), sur le zodiaque du portail.

textes et photos : Esla

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L'acrobate (premier épisode ...)

Publié le par Esla

Il n'est pas d'église en Saintonge qui ne possède son "acrobate". Il est tour-à-tour danseur accompagné de son musicien, personnage sexualisé et plus généralement, il est celui qui tente "le retournement" ...

Église de Rioux (Charente-Maritime), modillon du chevet, tête à l'envers, vu de dos, se tenant les pieds.

C'est celui qui tente "le retournement" et le réussi auquel nous nous intéressons aujourd'hui.

Église de Matha-Saint-Hérie (Charente-Maritime), modillon de la nef sud. Ce ne sont pas des oreilles mais ses pieds reposant sur sa tête !

Très symbolique, cet humain qui s'expose dans des positions acrobatiques un peu partout - principalement sur des modillons - nous interpèle ...

Église de Champdolent (Charente-Maritime), modillon du chevet, le corps forme un arc ventre par dessus, tête proche de son entre jambe.

Pourquoi, une telle position ? pourquoi un tel effort ?

Église d'Aulnay-de-Saintonge-de-Saintonge (Charente-Maritime), modillon au-dessus du portail sud.

On parle ici de la conversion d'un païen vers la Chrétienté. Il s'agit de l'effort à fournir, de l'apprentissage, de la connaissance de son âme contenue dans son corps auquel il doit donner une leçon, qu'il doit maîtriser.

Église d'Esnandes (Charente-Maritime), modillon de la façade.

Beaucoup de ces personnages sont présentés "entiers". On peut apprécier leur gestuelle, leur positionnement au sol et même tenter de les imiter comme le ferait un adepte d'un cours de gymnastique ou de yoga, fasse au professeur.

Église de Maillezais (Vendée), modillon de la façade.

Ils ont la plupart du temps un visage concentré, paisible et ne semblent pas souffrir de la position impossible qu'ils adoptent ...

Église de Melle Saint-Hilaire (Deus-Sèvres), modillon de la nef sud.

Ils nous offre une leçon : l'importance de cette conversion tant souhaitée par l'Église. Une sorte de résumé de l'effort d'évangélisation. Au 9e siècle moins de 7% de la population était baptisée et s'affichait chrétienne en Saintonge. A la fin du 12e siècle 95% de la population est évangélisée. On est Chrétien ou on n'existe pas.

Église de Surgères (Charente-Maritime), modillon de la façade.

Toutes les représentations présentées ici montrent des conversions réussies. Les corps sont harmonieux, le corps souple ...

Église de Châteauneuf-sur-Charente (Charente), modillon de la façade. 

Celui de l'église de Chateauneuf-sur-Charente, cependant ne donne pas l'impression d'être totalement satisfait par le résultat. C'est le cas de beaucoup de représentations qui seront présentées dans un autre article.

Église de Champagne-Mouton (Charente), voussure du portail.

Il y a beaucoup d'élégance et de variété dans l'interprétation des entailleurs de l'époque romane qui se sont emparés de ce symbole pour illustrer un acte fédérateur : devenir Chrétien, le vouloir, choisir cette voie.

 Église de Bouhet (Charente-Maritime), modillon de la nef sud dans une encoignure.

Sur l'église de Bouhet, l'acrobate est auréolé de rayons de lumière qui symbolisent l'achèvement de sa conversion et sa joie d'y être parvenu.

Église de Loizé (Deux-Sèvres), chapiteau gauche du portail

Sur l'église de Loizé est une scène rare, le converti se fait aider. On comprend l'élève et le professeur communiant dans un même souhait : vivre et transmettre son expérience.

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), modillon du chevet nord.

A Aulnay, l'acrobate le plus célèbre de l'art roman européen. Un personnage prenant la position du "poirier". Il est nu, ce qui ajoute à la symbolique du retournement. Cette nudité parle de l'importance d'être pur, de se débarrasser de ses anciennes croyances afin de réussir sa conversion.

On voit sur les églises de la Saintonge - mais c'est un symbole que l'on retrouve sur nombre d'édifices romans à travers l'Europe - de nombreux acrobates. Et si ceux présentés aujourd'hui sont en train de conclure favorablement leur effort, il en est beaucoup d'autres qui se sont mélangés les articulations et sont bons pour repasser leurs examens.

Église d'Annepont (Charente-Maritime), modillon du chevet.

Avec mon mauvais penchant, et mon envie de polémique, je remarque qu'il n'y a aucune femme qui entame une conversion sur les églises. Ce sont toujours des hommes ... la femme n'a pas bonne image en cette époque à part si elle est Marie-sainte Vierge ou une vertu, ou même Eve ... mais leur statut dans l'Église les exempte de cet effort ... Pour nous pauvres terriennes, c'est une autre histoire ...

texte et photos : Esla

 

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Arrivée des rois mages ! BONNE ANNÉE 2026

Publié le par Esla

Avec un peu d'avance, je vous l'accorde - selon l'évangile de Matthieu, il arrivèrent pour célébrer la naissance de Jésus le 6 janvier en suivant l'étoile du berger - invitons, en plus de tous les hôtes du soir de réveillon, les rois mages !

Montmorillon (Vienne), la Maison-Dieu, frise de façade 12e siècle

Ils vinrent rendre hommage et fêter la naissance d'un prophète en traversant le désert vers le nord et allèrent à bethléem.

Église de Lignières-Sonneville (Charente), extrait du décor de façade.

Église de Lignières-Sonneville (Charente), décor de façade. À gauche, le songe de Joseph, au centre Marie porte l'enfant Jésus sur ses genoux, à droite l'arrivée des rois mages.

--> Il y a d'abord, Balthazar venu d'Arabie (le roi noir) qui offre l'encens ...

Église de Nuaillé-sur-Boutonne (Charente-Maritime), voussure du portail.

--> A sa suite, parait Melchior venu de Perse apportant l'or ...

Église de La Vergne (Charente-Maritime), vitrail du choeur de Adrien Baratte (1868-1940-, de Clermont-Ferrand.

--> puis approche Gaspard venu d'Asie offrant la myrrhe, une résine multicolore issue du commuphora-myrrha, arbuste tortueux du Yémen.

Église Saint-Pierre de Chauvigny (Vienne), chapiteau du choeur.

Pour arriver à bon port, ils ont suivi l'étoile du berger (qui en astronomie est la planète Vénus, indiquant toujours le nord), astre lumineux à l'aube et au crépuscule. Pourquoi "étoile du berger" ?

Église d'Antigny (Vienne), fresques de La Chapelle sud, 14e siècle. l'adoration des mages.

Parce que, de par sa particularité d'être surtout visible à l'oeil nu à l'aube et au crépuscule, elle rythmait la journée de travail des bergers qui commençait et finissait avec elle. Maintenant nous avons des montres connectées, c'est moins romantique !!!

Cathédrale de Poitiers (Vienne), décor de façade. image tirée du blog de Véronique D (overblog).

 

Suivez votre bonne étoile et ...

BONNE ANNÉE 2026 !

 

Textes et photos de Esla, exceptée la photo de la cathédrale de Poitiers.

 

 

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Repas de fête !

Publié le par Esla

 

 

Allez, il est temps de faire ses dernières courses, préparer le repas, c'est bientôt le grand soir ! :

... passer chez le boulanger ...

Église d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente), bandeau de la façade.

... puis aller à la boucherie ...

Église d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente), bandeau de la façade.

... à moins qu'un poisson style esturgeon ne soit plus approprié ...

Église de Saujon (Charente-Maritime), chapiteau déposé installé dans une chapelle de l'église.

Église de Saint-Fort-sur-Gironde (Charente-Maritime), modillon de la façade.

... sans oublier la boisson, qu'elle soit de vin ou d'eau, indispensable à un repas de fêtes ...

Église de Chateauneuf-sur-Charente (Charente), modillon de la façade.

Église de Saint-Savinien (Charente-Maritime), modillon de la façade au-dessus du portail.

Église de Sainte-Colombe (Charente), décor de façade : un ange s'abreuve à la source miraculeuse que sainte Colombe a fait jaillir.

... et attention de ne pas pousser jusqu'à l'ivresse entre la rasade chez le caviste jusqu'à la table dressée ... et se mettre la tête à l'envers !

Église de Givrezac (Charente-Maritime), modillon du chevet : l'ivresse tant décriée par l'Église !

... ne reste plus qu'à préparer le diner et dresser la table ...

Église d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente), bandeau de la façade : mois d'hiver, un homme prépare son repas au coin du feu.

Église de Fenioux (Charente-Maritime), zodiaque, mois de décembre.

... et accueillir les convives ...

Église d'Argenton-les-Vallées (Charente), décor de façade : repas des disciples d'Émmaüs

Église de Foussais (Vendée), décor de la façade : le repas chez Simon. A ses pieds Marie-Madeleine lave les pieds de Jésus.

Église d'Antigny (Vienne), fresques de La Chapelle : le repas chez Simon.

Église de Saint-Pompain (Charente), mois de décembre, repas.

... et pensez à inviter TOUS les convives ... même s'ils vous paraissent ... bizarres !

C'est soir de partage, que diable ! 

 Église de Grézac (Charente-Maritime), décor de la façade, fable d'Ésope "le renard et la cigogne".

Bonne fêtes de fin d'année !

textes et photos : Esla

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