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Le paon !

Publié le par Esla

Le bestiaire médiéval n'est pas tendre avec le paon. 

Église de Biron (Charente-Maritime), archivolte du portail.

Il le trouve certes très beau, aux couleurs vives et chatoyantes, au portail bombé bleu roi, au plumage extraordinaire, à la queue ornée d'au moins 40 yeux ... Mais ...

Église de Macqueville (Charente-Maritime), voussures du portail.

... son cri est épouvantable, qui ne peut-être qu'hérité du diable. Les yeux de sa queue, un rappel constant de l'oeil scrutateur ... peut-être de Dieu ... dont le vaniteux craint le jugement ...

Église Saint-Pierre de Melle (Deux-Sèvres), chapiteau extérieur d'une fenêtre du choeur.

C'est un animal imbu de son allure, ce trouvant très attirant, et pourtant plein de rancoeur car s'il est fier de son apparence, il ressent pour ses pieds très laids une grande honte au point qu'il les cache dans la vase. Et sa honte vient qu'il a conscience qu'il marche dans la fange de ses péchés à l'égal de l'homme pécheur qui ne reconnait pas ses erreurs.

Église de Nieul-sur-l'Autise (Vendée), chapiteaux du portail.

Les bestiaires expliquent que ce sont des oiseaux rares. D'abord parce que malgré la beauté du mâle qui s'évertue à faire la roue - présentant ainsi son anus disgracieux - pour séduire les femelles, elles ne sont guère intéressées ; cela expliquerait qu'ils se reproduisent peu. Ensuite parce qu'à force de se faire rembarrer, il houspille les femelles jusque dans leurs nids et, si elles couvent, écrasent les oeufs par sa gaucherie.

Église de Tanzac (Charente-Maritime), modillon du chevet.

Et cette rareté ajoute à l'intérêt que les gens de pouvoir et d'argent ont pour le paon. Pour décorer les tables de banquet des princes et des nobles, on l'exhibe cuit et décoré de ses plumes au centre des plats servis. Le paon le sait - affirme les bestiaires- il en tire une grande fierté.

enluminure, 12e siècle. paon faisant la roue.

Mais on ne mange pas sa chair de mauvais gout, sentant fort et coriace. Tout est dans l'apparence ...

enluminure, natura rerum, bibliothèque municipale de Valenciennes, 320 f. 105v.

Les romains virent sur sa queue 100 yeux attribués à Junon, que Héra à sa mort, offrit à l'oiseau. Pour les naturalistes du moyen Âge sous l'influence de l'Église, il devient le symbole de la fatuité de l'homme cherchant sans cesse à se singulariser, prompte à séduire par tous les moyens, privilégiant l'apparence et non la conscience et la moralité !

enluminure, natura rerum, bibliothèque municipale de Valenciennes, 101 f. 186v.

Ah vanité, quand tu nous tiens !!!!

textes et photos : Esla

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Le coq !

Publié le par Esla

Le coq est dans la symbolique médiévale, un oiseau ambivalent faisant partie des animaux domestiques. Au Moyen Âge est qualifié de domestique tout animal qui vit autour des habitats et partagent, de proche ou de loin, leur quotidien. L'abeille, la mouche, le moineau comme le porc ou le chien sont classifiés domestiques.

Église de Matha-Marestay (Charente-Maritime), chapiteau d'une fenêtre nord.

les bestiaires (ouvrages regroupant l'ensemble du règne animal répertorié : animaux "vrais" comme "mythiques") voient en lui un animal familier, chanteur sans véritable nuance. - plutôt un cri qu'un chant d'ailleurs, souvent raillé. On le dit sans mystère. Il est considéré courageux, défendant vaillamment son poulailler et ses femelles, n'hésitant pas à affronter plus fort que lui si nécessaire. Il est dit l'ennemi du renard, du loup et même du lion.

Église de Biron (Charente-Maritime), archivolte du portail. Un coq suivi d'un porc.

mais à contrario on le qualifie aussi de vaniteux, sans reconnaissance pour autrui, lubrique, pratiquant le coït d'une poule à l'autre toute la journée, et cependant qualifié de "sensuel". On le dit fat et fier de ses plumes, de sa crête et de son jabot qu'il affiche fièrement. Il est convaincu de son irrésistible beauté ! Il marche comme un paon, tenterait même de faire la roue sans y parvenir. C'est aussi un jaloux reignant sans partage sur sa base-cour. 

Église de Gensac-la-Pallue (Charente), frise de la façade.

Son chant est familier aux voyageurs et aux pèlerins qui, lorsqu'ils l'entendent, en déduisent qu'ils sont proches d'un village où trouver refuge. C'est un son familier, rassurant. Il chante à heure fixe ce qui en fait un guide qui rythme le jour et les travaux à y accomplir.

Église de Macqueville (Charente-Maritime), voussure de la porte nord.

D'abord attribué à saint Pierre parce que le coq chanta par trois fois pour souligner son reniement à Jésus - attribut plus tard remplacé par les clés - le coq est l'image du repentir et de la pénitence pour le chrétien. 

Église de Matha-Marestay (Charente-Maritime), vitrail de Gesta 19e siècle.

les premiers coqs installés aux clochers des églises, dès avant l'an mille l'étaient sur les églises dédiées à Saint-Pierre. Par la suite cet usage s'étendit sur la plupart des églises chrétiennes romaines, l'oiseau "de Pierre" devenant l'oiseau vigilant surveillant les alentours et par son chant/cri éloignant les forces du mal. Et s'il chante aussi la nuit c'est pour apeurer les démons et les voleurs. S'il chante le jour s'est pour encourager le travailleur à la tâche dès potron-minet !

Église de Beauvais-sur-Matha (Charente-Maritime), girouette installée à la restauration du toit du clocher en 1999 et presque aussitôt disparue. l'oiseau s'est envolé !

Certains chroniqueurs à la fin du Moyen Âge (fin du 15e siècle) firent du coq l'emblème du roi de France, et de la France elle-même. L'entourage de François 1er (149-1547) mettra en scène un véritable programme construit sur la symbolique du coq de cette époque : lucide, fier, courageux, solaire. Le coq est aujourd'hui encore le symbole de la France.

Église de Barret (Charente), décor du portail.

le coq devenu vieux est oublieux, distrait, négligent ; on dit au Moyen Âge pour quelqu'un qui à la mémoire courte "qu'il a une mémoire de vieux coq". Le vieux coq médiéval se met à pondre des oeufs plus petits et plus ronds que ceux de la poule. Et si par le plus grand des hasards, ces oeufs sont couvés par un aspic (petite vipère noire) ou tout autre animal vénéneux comme le dragon, nait un être terrifiant : le basilic, mi-coq mi-serpent, au corps empli de venin et au regard tueur. Si l'on croise le regard du basilic, on meurt instantanément. 

Église de Chadenac (Charente-Maritime), voussure du portail, basilic.

Merci à Michel Pastoureau pour son immense culture et ses écrits sur le bestiaire du Moyen Âge. Il a écrit une phrase magnifique qui décrit bien la notion de l'animal médiéval ne faisant pas la différence entre réalité et fantastique "le réel est une chose, le vrai en est une autre" !

textes et photos : Esla

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Le vitrail en Vals de Saintonge

Publié le par Esla

Un livre pour découvrir les vitraux de ce coin de la Charente-Maritime !

 

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Arrivée des rois mages ! BONNE ANNÉE 2026

Publié le par Esla

Avec un peu d'avance, je vous l'accorde - selon l'évangile de Matthieu, il arrivèrent pour célébrer la naissance de Jésus le 6 janvier en suivant l'étoile du berger - invitons, en plus de tous les hôtes du soir de réveillon, les rois mages !

Montmorillon (Vienne), la Maison-Dieu, frise de façade 12e siècle

Ils vinrent rendre hommage et fêter la naissance d'un prophète en traversant le désert vers le nord et allèrent à bethléem.

Église de Lignières-Sonneville (Charente), extrait du décor de façade.

Église de Lignières-Sonneville (Charente), décor de façade. À gauche, le songe de Joseph, au centre Marie porte l'enfant Jésus sur ses genoux, à droite l'arrivée des rois mages.

--> Il y a d'abord, Balthazar venu d'Arabie (le roi noir) qui offre l'encens ...

Église de Nuaillé-sur-Boutonne (Charente-Maritime), voussure du portail.

--> A sa suite, parait Melchior venu de Perse apportant l'or ...

Église de La Vergne (Charente-Maritime), vitrail du choeur de Adrien Baratte (1868-1940-, de Clermont-Ferrand.

--> puis approche Gaspard venu d'Asie offrant la myrrhe, une résine multicolore issue du commuphora-myrrha, arbuste tortueux du Yémen.

Église Saint-Pierre de Chauvigny (Vienne), chapiteau du choeur.

Pour arriver à bon port, ils ont suivi l'étoile du berger (qui en astronomie est la planète Vénus, indiquant toujours le nord), astre lumineux à l'aube et au crépuscule. Pourquoi "étoile du berger" ?

Église d'Antigny (Vienne), fresques de La Chapelle sud, 14e siècle. l'adoration des mages.

Parce que, de par sa particularité d'être surtout visible à l'oeil nu à l'aube et au crépuscule, elle rythmait la journée de travail des bergers qui commençait et finissait avec elle. Maintenant nous avons des montres connectées, c'est moins romantique !!!

Cathédrale de Poitiers (Vienne), décor de façade. image tirée du blog de Véronique D (overblog).

 

Suivez votre bonne étoile et ...

BONNE ANNÉE 2026 !

 

Textes et photos de Esla, exceptée la photo de la cathédrale de Poitiers.

 

 

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Sur le zodiaque roman : le verseau

Publié le par Esla

Nous sommes en janvier, premier mois de l'année dans le calendrier grégorien. Pourtant à l'avènement des Capétiens sur le trône de France au 10e siècle, le calendrier commençait en avril. Les zodiaques romans pourtant respectent le premier pour permettre au solstice d'été, le jour éclairé le plus long de l'année, d'être au pinacle de la voussure du zodiaque.

Église de Fenioux (Charente-Maritime), voussure du portail, Un homme sous un dais (ce qui sous-entend qu'il est à l'intérieur de son logis) vêtu d'une pelisse est assis sur un tabouret. Il tranche une miche de pain avec son long couteau. ce qui semble ses cheveux hirsutes est en fait l'eau que le verseau au-dessus de lui verse sur sa tête.

Acarius ou Aquarius en latin populaire. C'est ce qui est écrit  à côté de la scène qui l'illustre.

Église de Fenioux (Charente-Maritime), voussure du portail, ce qu'il reste du signe du verseau. On devine un personnage cambré versant de l'eau d'une jarre.

Église de Fenioux (Charente-Maritime), voussure du portail, l'intégralité de la scène marquant janvier.

C'est avec février le mois le plus froid de l'année. Les réserves alimentaires ont beaucoup diminuées. On est passé du banquet de fin d'année (voir le capricorne) à un début de disette. 

Église d'Aulnay (Charente-Maritime), voussure du portail occidental, Une certaine élégance orne cette scène. On peut y voir le pan de mur que forme la maison et la colonne sur laquelle repose le dais symbolisant la maison. Le tabouret est fait d'osier tressé. L'homme est habillé d'une toge.

Le pain du quotidien des "laborieux" est un pain noir confectionné avec des fruits secs comme des châtaignes, des glands, des noix (selon la ressource du territoire) et constitué de farine de seigle et d'avoine. Le pain "blanc" est réservé à la table des seigneurs confectionné avec de la farine de blé.

Église d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente), bandeau de la façade, le boulanger façonne et vend le pain. Il n'y a que six signes représentés sur la façade d'Aubeterre.

En marquant le premier mois de l'année par un homme coupant son pain, aliment principal des "laborieux", la Chrétienté met en avant le labeur du paysan, de celui qui oeuvre pour nourrir l'autre. Ce particularisme se retrouve tout au long des zodiaques de pierre à la différence des zodiaques des manuscrits où les enluminures mettent en avant le noble et le bourgeois.

Enluminure, bréviaire à l'usage de Verdun, 12e siècle. Mois de janvier (janus). Un visage regarde "avant", l'autre "après".

Enluminure, bréviaire à l'usage de Verdun, 12e siècle. signe du verseau.

Église de Civray (Vienne), voussure du portail, les jambes en arc du Verseau forment le dais au-dessus de l'homme assis.

texte et photos : Esla

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Les péchés capitaux : la gloutonnerie !

Publié le par Esla

Par erreur, et influencé par le catholicisme puritain du 19e siècle, le péché de gloutonnerie est devenu le péché de gourmandise ! 

Nul texte religieux n'affirme que manger avec plaisir est interdit. La Bible a elle seule déborde de mets fastueux, de recettes gourmandes et de tablées festives.

Ce péché, tant décrié par l'Église et présent sur nombre d'églises romanes sous la forme de masques joufflus et porcins, était avant tout un avertissement sanitaire ... C'est l'excès qui y est dénoncé.

Église de Triaize (Vendée), modillon de la façade.

Même si les locataires des monastères avaient fait voeu de chasteté, de retenue et de pauvreté, la table monacale était généralement abondante. Il n'était pas rare d'y croiser des moines bedonnants. Il était donc nécessaire d'adresser un message ferme.

Église de Civray (Vienne), modillon de la façade.

La gourmandise n'a jamais été considérée impure. La gloutonnerie, c'est-à-dire de "vivre pour manger et non manger pour vivre" -  voir le Tartuffe de Molière), SI !

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), modillon au-dessus du portail occidental.

Il fallait donc, réguler les appétits ... tous les appétits !

Église de Barret (Charente), chapiteau du portail. Cette représentation montre Adam sous le charme du serpent recevant le fruit défendu dans sa main (Eve est à droite). Petit détail amusant, le démon à gauche d'Adam lui fait un croche-pied, ce qui augure de la conséquence de cette scène de la "pomme" par la "chute de l'Eden". Il faut être pragmatique, comment pourrait-on avaler que croquer une pomme nous fera chuter du paradis ... allons ! Le croche-pied est une explication bien plus plausible !

Église de Saint-Mandé-sur-Brédoire (Charente-Maritime), modillon au-dessus de la porte sud. Certainement une des plus beaux masques représentant la gloutonnerie - les sept péchés capitaux sont représentés sur cette église !

C'est ainsi que la faute originelle n'est pas comme on pourrait le penser l'extrapolation du péché de luxure Mais bien celui de la "gourmandise". Si Eve ne s'était pas laissée séduire par la promesse de Serpent du délice qu'était le fruit défendu, nul doute que le monde n'aurait pas été le même ... mais là encore le puritanisme du 19e siècle tisse sa toile ... puisque Adam et Eve, suite à la Faute se cache le sexe, c'est donc par là - traduit l'Église de l'époque - qu'est entré le péché qui aura des conséquences terribles !

Quoi que ? ... croquer le fruit de la connaissance ... et que ce soit Madame qui ait instruit la chose ... et ait eu la gentillesse d'en faire profiter Monsieur ... où est le mal après tout , Selon les textes, c'est la Chute qui permit le développement de l'humanité sur terre ... selon les textes s'entend ... après tout, pas si mal !

Église de Matha-Marestay (Charente-Maritime), voussure de la fenêtre centrale du chevet. La voussure extérieure de cette très belle fenêtre porte l'ensemble des péchés capitaux et leur animal-totem. Sur cette photo le péché de gloutonnerie à gauche représenté par un masque barbu empâté est  accompagné de son animal-totem : le serpent ; celui par qui le malheur est arrivé.

La gloutonnerie n'a pas à proprement parlé d'animal-totem, Le serpent qui le représente parfois est lié à la faute originelle et par voie de conséquence la gloutonnerie. Le cochon parfois s'invite, plus rarement encore le chien.

Église de Surgères (Charente-Maritime), métope de la façade.

Cette scène étrange presque théâtrale d'un humain poignardant un chien à la gueule est unique. Il peut être question de la gloutonnerie certes, mais pourquoi pas, d'une punition de la mauvaise parole, ... ou encore d'un homme terrassant un dangereux animal ... aucun des protagonistes de cette scène cependant ne semble lutter l'un contre l'autre ...

bon appétit !

texte et photos : Esla

 

 

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Repas de fête !

Publié le

 

 

Allez, il est temps de faire ses dernières courses, préparer le repas, c'est bientôt le grand soir ! :

... passer chez le boulanger ...

Église d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente), bandeau de la façade.

... puis aller à la boucherie ...

Église d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente), bandeau de la façade.

... à moins qu'un poisson style esturgeon ne soit plus approprié ...

Église de Saujon (Charente-Maritime), chapiteau déposé installé dans une chapelle de l'église.

Église de Saint-Fort-sur-Gironde (Charente-Maritime), modillon de la façade.

... sans oublier la boisson, qu'elle soit de vin ou d'eau, indispensable à un repas de fêtes ...

Église de Chateauneuf-sur-Charente (Charente), modillon de la façade.

Église de Saint-Savinien (Charente-Maritime), modillon de la façade au-dessus du portail.

Église de Sainte-Colombe (Charente), décor de façade : un ange s'abreuve à la source miraculeuse que sainte Colombe a fait jaillir.

... et attention de ne pas pousser jusqu'à l'ivresse entre la rasade chez le caviste jusqu'à la table dressée ... et se mettre la tête à l'envers !

Église de Givrezac (Charente-Maritime), modillon du chevet : l'ivresse tant décriée par l'Église !

... ne reste plus qu'à préparer le diner et dresser la table ...

Église d'Aubeterre-sur-Dronne (Charente), bandeau de la façade : mois d'hiver, un homme prépare son repas au coin du feu.

Église de Fenioux (Charente-Maritime), zodiaque, mois de décembre.

... et accueillir les convives ...

Église d'Argenton-les-Vallées (Charente), décor de façade : repas des disciples d'Émmaüs

Église de Foussais (Vendée), décor de la façade : le repas chez Simon. A ses pieds Marie-Madeleine lave les pieds de Jésus.

Église d'Antigny (Vienne), fresques de La Chapelle : le repas chez Simon.

Église de Saint-Pompain (Charente), mois de décembre, repas.

... et pensez à inviter TOUS les convives ... même s'ils vous paraissent ... bizarres !

C'est soir de partage, que diable ! 

 Église de Grézac (Charente-Maritime), décor de la façade, fable d'Ésope "le renard et la cigogne".

Bonne fêtes de fin d'année !

textes et photos : Esla

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La colombe

Publié le par Esla

Messager d'espoir, la colombe est - avec l'aigle - l'oiseau préféré des édifices romans saintongeais.

Église de Saint-Sulpice-d'Arnoult (Charente-Maritime), voussure du portail.

Cet élégant oiseau porte symboliquement toutes les représentations du "bien".

Abbaye aux Dames de Saintes (Charente-Maritime), bandeau de la façade.

Il se veut liberté, pureté, légèreté ...

Église de Fontaine-Chalendray (Charente-Maritime), vitrail du choeur de Hélène Outrequin, 20e siècle.

La colombe est chasseur de serpent ; une raison des multiples représentations par l'entailleur roman de ce volatile. Le serpent est l'animal portant tous les défauts. N'est-il pas la cause de la chute du paradis quand il conseilla à Eve de croquer la pomme de la connaissance ? Son chasseur est donc bénéfique !

Église de Corme-Écluse (Charente-Maritime), modillon en façade.

On retrouve la colombe dans l'épisode du déluge et de l'arche de Noé :

Église de Maillezais (Vienne), bandeau de la façade.

"... puis Noé lâcha la colombe, pour voir si les eaux avaient diminué à la surface de la terre. Mais la colombe n'ayant pas trouvé où se poser, revint auprès de lui dans l'arche, parce que l'eau couvrait encore toute la surface de la terre. ..."

Église de Vergné (Charente-Maritime), vitrail du choeur, moderne, auteur inconnu. Le calice, l'hostie et l'oiseau dans les rayons solaires.

"... Noé étendit la main, la prit et la fit rentrer auprès de lui dans l'arche..."

Église Saint-Pierre d'Angoulème (Charente), bandeau de la façade.

"... Noé attendit sept jours, puis lâcha de nouveau la colombe hors de l'arche. Vers le soir, elle lui revint tenant en son bec une feuille fraîche d'olivier ..."

Église de Givrezac (Charente-Maritime), modillon du chevet.

"... Noé sut par là que les eaux avaient baissé sur la terre ...".

Église de Neuil-sur-l'Autise (Vendée), chapiteau du portail en façade.

"... Noé attendit encore sept jours, puis relâcha la colombe mais cette fois, elle ne lui revint pas". La Genèse - (8.8-12).

Église de Coulonges (Saint-Savinien, Charente-Maritime), vitrail moderne de Jacques Crosnier.

La colombe est aussi la représentation symbolique des paroles du Christ et des apôtres.

Église d'avy-en-Pons (Charente-Maritime), voussure du portail.

L'oiseau peut aussi être plus "naturaliste" sur certains décors romans et montrer un animal domestique moyenâgeux élevé pour sa chair.

Église de Matha-Marestay (Charente-Maritime), chapiteau d'une fenêtre du chevet.

Certains historiens des bestiaires romans ont émis la thèse que les édifices qui ne possédaient pas de représentations de colombes étaient des bâtis de petite envergure construits avec peu de moyens et n'ayant pas bénéficié d'un projet iconographique dicté par un évêque.

Église de Fontaine-Chalendray (Charente-Maritime), voussure du portail.

Ils avancèrent même dans leurs théorie qu'une église sans colombe serait un signe "d'ignorance religieuse" de ses constructeurs et commanditaires.

Abbaye aux Dames de Saintes (Charente-Maritime), chapiteau de façade.

Cependant, avant de décréter que l'église que vous visitez n'a pas de colombe à son décor, explorez plus avant, elle est parfois incluse dans une scène en toute discrétion !

Église de Neuil-les-Saintes (Charente-Maritime), voussure du portail, une fête au village. Le personnage central tient une colombe dans ses mains !

A votre tour de partir à la chasse ... photographique !

Église de Nachamps (Charente-Maritime), vitrail de la nef de Hélène Outrequin, 20e siècle.

textes et photos : Esla

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Un âne passe par là !

Publié le par Esla

 

De tout temps, l'âne est omniprésent dans les illustrations. C'est un travailleur fidèle et endurant ; porteur ou monture, il supplante souvent le cheval plus exigeant à l'entretien, moins docile, moins résistant.

Un âne transportant deux paniers pleins. Enluminure - bréviaire franciscain, 1430, bibliothèque municipale de Chambéry, IRHT-INI-D-33478

Michel Pastoureau nous le raconte avec brio dans son dernier opus. Le livre est si passionnant que je suis partie à la recherche de nos ânes de pierre et de verre ... et sur les enluminures sources illustrées de la plupart des décors des églises romanes du territoire.

Les entailleurs romans le mettent à l'honneur sur les églises en musicien maladroit !

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), voussure extérieure du portail sud.

Inspiré d'une fable de Phèdre contée par les trouvères à la table des nantis du Moyen Âge.

Église de Manot (Charente), décor d'un chapiteau d'une fenêtre au-dessus d'une porte latérale.

Un âne ayant trouvé une lyre dans un champ essaie d'en tirer une mélodie. Peine perdue ! le son émis par l'instrument est épouvantable. "si j'avais su la musique, ça aurait été mélodique" se désole-t-il ! une représentation de la sottise et de l'ignorance.

Ane musicien avec un instrument à vent accompagné d'un oiseau. Enluminure, décor de l'initiale D. Pontifical à l'usage de Beauvais adapté à l'usage de Lisieux, 13e siècle. Bibliothèque municipale de Besançon. IRHT-INI-D-13215.

--> La Chrétienté le fait monture de Jésus quand il franchit les portes de Jérusalem ...

Jésus monté sur un âne pour entrer dans Jérusalem. enluminure dans "le Pélerinage de Jésus-Christ", 1400, bibliothèque de l'Institut de France. IRHT-INI-D-94703.

--> monture de Marie et son enfant, guidé par Joseph fuyant la menace du roi Herode ayant ordonné de tuer tous les enfants de moins de 2 ans après que les mages lui aient prédit sa chute face au futur "roi des juifs"...

Église de Marsais (Charente-Maritime), la fuite en Égypte. Vitrail du 19e siècle exécuté par Jean-Pierre-Gustave Dagrant, inspiré d'une illustration d'une bible allemande du 19e siècle dessinée par Julius Schnorr Von Carolsfeld 1794-1872

--> témoin de la naissance de Jésus dans l'étable aux côtés du boeuf ...

Église de Lozay (Charente-Maritime), la nativité, Vitrail du 19e siècle exécuté par Jean Besseyrias.

 Église de Marsais (Charente-Maritime), la nativité. Vitrail du 19e siècle exécuté par Jean-Pierre-Gustave Dagrant, inspiré d'une illustration d'une bible allemande du 19e siècle dessinée par Julius Schnorr Von Carolsfeld 1794-1872

Et il est aussi notre contemporain sur un vitrail en l'église de Blanzay-sur-Boutonne, en hommage à l'élevage local du Baudet du Poitou depuis plusieurs siècles.

Église de Blanzay-sur-Boutonne (Charente-Maritime), vitrail de Hélène Outrequin de l'atelier de Vinax (décédée en 2012).

Ane pèlerin. Enluminure, décor de l'initiale A. Pontifical à l'usage de Beauvais adapté à l'usage de Lisieux, 13e siècle. Bibliothèque municipale de Besançon. IRHT-INI-D-13216.

à votre tour de pister l'ÂNE !

textes et photos : Esla

 

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Les écritures des sermons saintongeais

Publié le par Esla

Bien que 95% de la population de l'époque romane est analphabète, des mots viennent illustrer les scènes d'au moins deux voussures des sermons saintongeais de notre territoire. Une forme d'apprentissage, une première approche de l'écriture. C'est aussi une manière pour l'Église de poser les messages de pierres dans la réalité : "ce qui est gravé est réel" ! 

Église d'Argenton-les-Vallées (Deux-Sèvres) portail.

Le slogan "vu à la télé" qui valide le concret d'un message publicitaire n'a rien inventé !!!!

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), portail.

Sur la voussure du combat des vices et des vertus sont nommées les gagnants : le pire et son contraire :

Église de Fenioux (Charente-Maritime), portail.

IRA --> colère 

PACIENCIA --> patience

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), portail.

LUXURIA --> luxure

CASARITA --> chasteté

Église d'Argenton-les-Vallées (Deux-Sèvres) portail.

SUPERBIA --> orgueil

BUONITAS --> bonté

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), portail.

UTITAS --> avarice

LARGITAS --> libéralité

Église de Fenioux (Charente-Maritime), portail.

IDOLATRIA --> idolatrie

FIDES --> foi

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), portail.

DISCORDIA --> discorde

CONCORDIA --> concorde

Église d'Argenton-les-Vallées (Deux-Sèvres) portail.

Sur la voussure du zodiaque :

ACARIUS --> verseau (Lanuarius --> janvier)

PISCES --> poissons (februarius --> février)

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), portail.

ARIETIS --> bélier (Martius --> mars)

TAURUS --> taureau (aprilis --> avril)

Église de Fenioux (Charente-Maritime), portail.

GEMINI --> gémeaux (maius --> mai)

CANRCER --> cancer (Lunius --> juin)

LEO --> lion (Lulius --> juillet)

Église d'Aulnay-de-Saintonge (Charente-Maritime), portail.

VIRGO --> vierge (augustus --> août)

LIBRA --> balance (september --> septembre)

Église d'Argenton-les-Vallées (Deux-Sèvres) portail.

ESCORPIUX - Scorpion (October --> octobre)

SAGITTARIUS --> sagittaire (November --> novembre)

CABRICOR--> capricorne (décember --> décembre)

Église de Fenioux (Charente-Maritime), portail.

Sortez vos dictionnaires LATIN-FRANÇAIS !!!

textes et photos : Esla

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